Après quelques courses matinales à l’épicerie du coin, afin de satisfaire les estomacs lors de la pause méridienne (un jambon local -donc des tranches épaisses, goûteuses et larges- ainsi que du pain qui accueillerait notre bleu de Gex en supplément dudit jambon), nous sommes partis, la fleur au fusil et motivés par un soleil un poil plus insolent que les jours passés, sur un chemin de randonnée dont nous ne savions pas jusqu’où il nous mènerait ou plus exactement lequel on finirait par emprunter tant il y en a ; on admirera au passage la qualité des indications à chaque croisement, de nombreux départements seraient bien avisés de s’en inspirer. On marcherait, autant que possible -certaines portions alléchantes nous étant interdites en raison de travaux forestiers, en direction d’un point de vue sur les lacs de Bellefontaine et des Mortes.

Tout en longeant la forêt qui borde la falaise -cette barre rocheuse qui nous nargue depuis le début, avec sa Roche Champion et son calvaire, accessibles après quelques kilomètres dont les ultimes se font à la force du jarret-, on suit ce qui en hiver est une piste de ski : la Grande Traversée du Jura / Échappée jurassienne, également trek estival emprunté par de nombreux marcheurs. Puis vient la descente vers les lacs ; on passe au milieu, et commence alors un chemin de tourbière.

On espère ne croiser personne, tant la place sur les deux planches jointes est limitée. On espère aussi ne pas trop mettre la pression aux seniors qui prennent des photos et marchent deux fois moins vite que nous ; ils finiront par se garer, profitant d’un recoin moins humide et de quelques fleurs à photographier.
Un œil sur la carte, et l’on décide de poursuivre sur la route qui mène à la maison pour quelques centaines de mètres. Bien serrés sur la gauche, en file indienne, on pousse jusqu’à un hameau que l’on contourne pour s’enfoncer dans la forêt. Changement de décor, tout aussi beau. Le chemin se faufile entre les sapins, s’ouvre sur des prairies, se blottit au fond d’un modèle réduit de combe. Puis c’est le retour, onze kilomètres dans nos pattes et des paysages plein les mirettes.
En fin de journée, nous sommes allés acheter du comté et du morbier à la fruitière du village. Au retour, sur le terrain de pétanque communal, des boules laissées pour qui voudrait y jouer nous ont permis de faire une partie. La décence m’impose de taire le score et le nom des vainqueurs mais juste qu’aucun de nous n’est en mesure d’envisager les Mondiaux.