A l’affût dès le réveil, un œil glissé entre le rideau et le mur, pour découvrir un ciel sans nuage ; et les souvenirs du ski qui reviennent, ici comme dans les Alpes, plus jeune mais tout aussi impatient, à l’idée de sortir s’exposer aux rayons du soleil après des jours de pluie. Alors petite balade en duo en laissant la progéniture roupiller encore un peu, jusqu’à la ferme de Nondance-le-Haut, rien qu’un léger raidillon autrefois hivernalement emprunté en pas alternatifs et qui échauffe toujours autant les membres inférieurs. L’herbe est verte, le ciel est bleu, les arbres frissonnent quelques gouttes.
Matinée en surplomb des gorges de la Langouette, sises dans le village des Planches-en-Montagnes : la Saine dévale depuis le village et cascade sa furie dans un canyon de quelques centaines de mètres ; on admire le spectacle depuis un chemin fait d’escaliers et de belvédères. C’est beau mais bref et l’on regrette de ne pas s’approcher davantage du torrent. D’autres le feront plus loin, harnachés de néoprène, de casques jaune fluo, de baudriers et de cordes.

Puis nouvelle halte, quels modestes kilomètres plus loin, cette fois à Foncine-le-bas, pour emprunter un chemin qui nous mène à la cascade du Bief de la Ruine par ce qui était autrefois une ancienne voie de chemin de fer qui passe sous la montagne via un tunnel légèrement courbe et resté dans son jus ; sans lumière on s’engage sans voir la sortie, on ignore si elle est loin et où nos pieds se posent. C’est parfaitement réjouissant, sauf pour les claustrophobes évidemment…
Après quelques kilomètres, l’après-midi se poursuit à plus de 1400 mètres d’altitude, au Mont d’Or, près de Métabief. Grimpette enfantine et première pause au-dessus du vide ; le sol s’arrête net, c’est une frontière géologique naturelle, mais c’est aussi la frontière avec la Suisse, un pas de trop et on tombe chez les Helvètes. Encore un peu de marche, puis un nouvel arrêt contemplatif : au loin, le Léman, la haute montagne et dans les nuages le Mont-Blanc qui se révèle. C’est sans certitude mais alors que la journée s’achève après des routes et des chemins, je préfère que chacun croie qu’il est monté sur cette crête pour apercevoir le sommet des Alpes plutôt qu’un simple pic anonyme.
