Gilles BLB

Photographies et modestes carnets de voyages

Eté 2026 – Château de la Loire, Langeais : jour #3

Une apathie bien compréhensible ralentit nos mouvements, rien ne s’effectue plus dans l’urgence, elle est proscrite par la température extérieure, présente dès le matin dans les cimes du thermomètre. Aussi, après le petit dej, nous avons longuement conversé avec Stéphanie, femme de Allan, tous deux gérants du Municipal. Lui, la veille nous avait accueilli avec humour et sourire, prodiguant ses conseils pour aller en ville ou sur les bords de la Loire. Avec elle, ce matin, nous aurions pu discuter toute la matinée, voire plus. Ils ne sont là que pour un été, ont des projets de reconversion plein la tête et nul doute que s’ils décident de poursuivre dans l’hôtellerie, ils connaîtront le succès tant ils sont affables, ouverts, disponibles et bienveillants.

Une fois garé, avant l’ouverture du château au public, je suis monté vers les sommets de Langeais sur les bons conseils d’Allan, afin de profiter d’une vue sur la triple couronne qui fait la fierté de la ville : le pont de Langeais (au loin), l’église et bien sûr le château. On nous promettait un site pittoresque, c’est une simple vue, accessible via 118 marches inégales. F visitait l’église, comme à son habitude ; elle pourrait rédiger un Lonely Planet des lieux de culte cathos de France et de Navarre.


La suite se passe au château de Langeais où une guide nous explique pendant une trentaine de minutes l’historique du lieu dont la partie la plus ancienne remonte à l’an Mil quand Foulque de Nerra s’est frité avec Eudes 1er, bref des chicaneries comme l’époque en connaissaient, avec coups de massue, trépas au fil de l’épée, gourdin dans la poire et empoisonnement à la belladone. Restent les ruines du donjon que nous n’irons pas visiter car sans grand intérêt. D’autant qu’en toute fin de parcours, au sortir du château, nous avons assisté à la fermeture du pont-levis, un des derniers encore fonctionnel en France, ce qui nécessitait de sortir du château ; une fois à l’extérieur, nous n’avions qu’une envie : nous poser au van avec chacun une bouteille de flotte, loin des touristes sans gêne et des gosses qui courent dans les salles.

Revenons au château, il est nettement plus récent ; voulu par Louis XI en 1465 pour asseoir sa monarchie dans le secteur (il n’y mettra sans doute jamais les pieds), il entrera dans l’histoire pour avoir été le lieu où a été célébré le mariage entre Anne de Bretagne et Charles VIII en 1491 ; la petite avait 14 ans et se remariera plus tard avec Louis XII – la scène est reconstituée dans une des trois salles de réception, avec des mannequins plus vrais que nature et… particulièrement flippants (désolé, pas de photo).

Pour des raisons écologiques, les lumières des châteaux sont partout baissées. Ajoutez à cela que les volets sont aussi fréquemment clôts pour éviter au soleil de surchauffer une salle déjà bien moite, et vous obtiendrez des images intimes, peut-être proches de la réalité de l’époque lorsque les hivers étaient uniquement éclairés à la bougie.




La journée s’est terminée d’abord sur les bords de la Loire pour grignoter nos sandwichs / salade du midi, puis très vite au camping proche du château d’Ussé que nous visiterons demain matin. Lessivés par la canicule, étouffés par les vents de type sèche-cheveux, suant comme des lutteurs grecs, c’est avec une délectation sans pareille que nous avons vu arriver quelques nuages. La nuit s’annonce brutale, entre chaleur et combats inégaux contre les nuées de moustiques.

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