Gilles BLB

Photographies et modestes carnets de voyages

Eté 2026 – Des villages, des villes, un bain : jour #5

Un dimanche d’août, dans trois des lieux les plus touristiques de la cote d’albâtre, c’est forcément se confronter à la foule, dense et multilingue, néerlandaise en majorité, teutonne ensuite, d’outre-Quiévrain enfin. Et chinoise, j’y reviendrai.

La première étape nous a conduite aux Petites dalles. Je ne me souviens plus dans quel roman j’ai lu ce nom de village. La nuit ne m’a pas porté conseil car au matin, toujours rien ; nichts, nada, nothing. Aucune importance, ce que nous retiendrons, c’est la quantité phénoménale de villas, manoirs et hautes demeures typiquement normandes, pas celles à colombage, c’est sans doute une autre Normandie, celle de Dauville peut-être, mais celles du pays de Caux, en briques rouges, offrant plusieurs étages, des jardinets à tomber et une imposante sensation d’opulence, des maisons coincées entre deux falaises, à l’abri du besoin comme des contingences réservées aux gueux qui les contemplent d’en bas, s’imaginant dans celle-ci terminer l’écriture d’un roman, dans celle-là lire le dernier Modiano.

Puis le van nous a conduit vers Saint-Valéry en Caux, probable capitale de la région tant son port, sa plage et son marché ont paru démesurés au regard des Petites dalles. Jour de marché, jour de foule. On cherche et trouve une place pour poser le van ; petite anecdote au passage : depuis le départ, étant persuadé que les lieux de nos visites seront gavés de monde, je préfère me jeter sur la première place de parking venue, quitte à marcher un peu (trop, diront mes amours, mais c’est idéal pour la découverte de la ville et pour nos petits cœurs). Or, à chaque fois, à commencer par Fécamp, j’aurais pu aller plus loin, car de la place il y avait, parfois pour deux fois mon van. Ainsi, las des sarcasmes, j’ai poussé le van jusqu’au bout du bout de Saint-Valéry, un parking près de la plage, un sourire au coin des lèvres et anticipant un demi-tour poussif pour nous retrouver à perpète. Je t’en fous ! Même là, j’ai trouvé une place, un jour de marché, un dimanche, près de la plage. Plus loin, le van avait les essieux à la baille. On a déniché une boulangerie pour des sandwichs, qu’on a fini par engloutir face à la mer.

La ville n’a rien d’exceptionnel, à l’instar de Lisieux vue précédemment, et comme de nombreuses autres à n’en pas douter, les bombardements alliés de la WW2 ont détruit la ville qui dès la Guerre terminée s’est lancée dans une reconstruction « moderne ». Reste que par endroits, au hasard d’un bloc d’immeubles, j’ai cru revenir à Arcueil, à Cachan, à Gentilly, et que partir de Saint-Valéry s’est alors imposé comme une évidence.

Veules-les-roses, dernière étape de la journée, nous a fait penser aux Petites dalles, en un poil plus grand. Pas grand chose non plus à retenir, c’est une copie conforme, avec ses propriétés, ses deux rues qui vont se jeter dans la mer, sa plage (je me suis baigné ; c’est sympa les galets sous les pieds, ça fait un chouette massage, mais faut pas que ça dure trop longtemps, au moins on est vite dans l’eau, plus on nage moins on marche), sa foule nombreuses, son église (idéal en cas de chaleur pour se poser un peu), ses restaurants blindés de monde… et ses chinois. Oui, dit comme cela, on est en droit de penser à une erreur de frappe. Mais un nombre assez importants de ressortissants de l’Empire du milieu ont débarqué dans cette petite ville touristique. Et tel Neil Armstrong sur la Lune, certaines, pialliantes, multicolores et seules au monde, ont planté leur étendart au bout du ponton de bois, prouvant de facto aux instances du régime que les subventions du Parti ont été correctement utilisées.


La journée s’est terminée au calme, dans le camping d’un village nommé le Bourg-Dun. Pour être parfaitement honnête, les courbatures se font ressentir et après quelques parties, nous nous sommes vite endormis. Demain, une valleuse, des falaises, une nouvelle plage et les cotes anglaises au loin.

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