Gilles BLB

Photographies et modestes carnets de voyages

Été 2026 – Lisieux, puis Fécamp : jour #3

La canicule semble n’être qu’un souvenir. Les nuages nous accompagnent sur la route jusqu’à Lisieux, une route des plus monotones dans une campagne normande inconnue de nous ; lointaine ressemblance avec la Beauce ou le Loiret -pour faire simple et élégant : des lieux de passage, car comment et surtout pourquoi s’arrêter ici ? Et ce n’est pas Lisieux qui nous sortira de notre torpeur. Alors bien sûr, il y a Saint Thérèse et sa basilique, l’autre place forte du pèlerinage en France avec la grotte de Lourdes (j’aurais pu ajouter la clinique Villa Françoise de Montreuil sous Bois, mais elle n’existe plus bien que j’y vis le jour un soir de fin d’été). Mais cette ville de Lisieux, doublement défigurée, d’abord par les bombardements alliés les 6 et 7 juin 1944 (800 victimes civiles dont 20 religieuses, onéreux prix à payer pour se délivrer de l’ennemi), puis par l’architecte qui l’a reconstruite dès 1947, sans originalité ; mais il fallait parer au plus pressé pour reloger les survivants, ne pouvait être qu’une brève étape. D’autant qu’une étrange sensation de revenir en banlieue parisienne m’a prise à la gorge sur le trajet qui mène de la basilique susnommée à la cathédrale. La rue commerçante, notamment ; réminiscences devant chaque devanture, devant chaque façade. Nous avons donc quitter Lisieux sans émois si ce n’est le sourire que nous offrait un ciel désormais dégagé qui nous rappelait que finalement la chaleur estivale n’allait pas nous lâcher la bride.


Direction la côte d’albâtre, plus précisément Fécamp, en ouverture d’une séance de plusieurs jours entre falaises et valleuses. Puis petite halte improvisée au village de Foulbec pour avaler nos sandwichs ; un nom de patelin comme celui-ci mérite qu’on s’y arrête, même inopinément. Le pont de Tancarville -qui rappelons-le n’est pas une marque d’étendoir à chaussettes- nous amenait de l’autre côté de la Seine. Nous avons pris nos marques au camping puis sommes repartis fissa à Fécamp quelques kilomètres plus bas pour, dans un premier temps une promenade/goûter dans les rues puis sur le remblai local.


Dans un second temps, j’avais repéré un site historique qui surplombe Fécamp et offre une vue magistrale sur la ville, le port et sa baie coincée entre deux falaises. C’est ici que Rommel, début juin 1940, a construit sur les falaises du Cap Fagnet l’une des plus impressionnantes batterie de radars dans le cadre du Mur de l’Atlantique. Subsistent les trois piliers du Mammut, radar surpuissant mais jamais opérationnel ainsi qu’un grand nombre de bunkers.


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